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Communiqué de presse de la Sécurité Routière

L'accidentalité routière en 2005 et au premier semestre 2006
(données de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière - ONISR)

Paris, le 6 juillet 2006


1. La sécurité routière poursuit sa progression

L'objectif défini par le Comité interministériel de la sécurité routière le 1er juillet 2005, consistant à passer sous le seuil des 5 000 personnes tuées, a été atteint en 2005. 4 975 personnes ont trouvé la mort sur les routes françaises dans les six jours suivant leur accident. La diminution du nombre de personnes tuées sur les routes métropolitaines en 2005 est de 4,9 % par rapport à l'année 2004. C'est la quatrième année consécutive qu'un recul est enregistré (- 6,2 % en 2002, 20,9 % en 2003, - 8,7 % en 2004). Le nombre d'accidents corporels (84 525) et celui de blessés (108 076 dont 39 811 hospitalisés) sont également en baisse par rapport à 2004, respectivement de 1,0 % et de 0,3 %.
Avec une diminution de plus de 10 % du nombre d'accidents corporels et de personnes tuées (données provisoires) au premier semestre 2006 par rapport au premier semestre 2005, la tendance favorable se confirme.


2. Des progrès inégalement partagés

  • Les progrès enregistrés ne profitent pas à tous les usagers de la route de la même façon. Si les conducteurs de voitures de tourisme et de véhicules utilitaires sont les principaux bénéficiaires de la chute de la mortalité routière (environ - 10% du nombre de personnes tuées), les résultats se sont sensiblement dégradés pour les autres catégories d'usagers, particulièrement vulnérables en milieu urbain :
    • les cyclistes : + 0,6 %
    • les motocyclistes : + 1,3 %
    • les cyclomotoristes : + 3,8 %
    • les usagers de poids lourds : + 4,7 %
    • les piétons : + 8 %

    Avec, au total, 1 236 personnes qui ont trouvé la mort sur la route en 2005, les conducteurs et passagers de deux-roues motorisés sont les usagers les plus exposés au risque routier.
    Après une année de stagnation en 2004, le nombre de jeunes de 18 à 24 ans tués sur les routes a diminué de 6,9 % accentuant le contraste avec l'augmentation de 12,6 % du nombre de jeunes tués entre 15 à 17 ans.

  • Les principales baisses du nombre de personnes tuées en 2005 par rapport à 2004 sont constatées sur les autoroutes urbaines ( 22,5 %) et les routes nationales ( 9,9 %). Les autoroutes de liaison, ou inter-urbaines, connaissent, pour leur part, un accroissement de la mortalité (+16,7 %) ; néanmoins, ces dernières avaient connu d'excellents résultats en 2004 ( 34,5 %).
    Plus de la moitié des accidents corporels surviennent en agglomération ; le nombre de personnes tuées en agglomération en 2005 s'établit à 1 664, en augmentation de 7,3% par rapport à 2004.

  • La baisse des vitesses, amorcée depuis 2000, s'est prolongée jusqu'en 2005 essentiellement grâce à un changement de comportement des usagers. Ainsi, les dépassements de plus de 10 km/h de la vitesse autorisée ont diminué pour les véhicules de tourisme (18,9 % en 2005 contre 21,9 % en 2004) et les poids lourds (18,6 % en 2005 contre 20,5 % en 2004). Ce n'est pas le cas des motocyclettes pour lesquelles une hausse de la vitesse est constatée (41,8 % contre 40,9 % en 2004).


Pour autant, le dépassement des limitations de vitesse, tous réseaux confondus, même s'il est en retrait en 2005, reste un comportement trop répandu : près de 45 % des automobilistes, plus de 50 % des conducteurs de poids lourds et 60 % des motocyclistes, roulent encore trop vite.
509 vies auraient pu être sauvées en 2005, si tous les occupants de voitures avaient bouclé leur ceinture de sécurité à l'avant comme à l'arrière, ce qui représente 9,6 % des personnes tuées : pour la première fois, nous passons sous le seuil des 10 %.


Les nouvelles modalités de décompte des personnes tuées et des blessés

La nouvelle définition de la gravité des blessures, appliquée depuis le 1er janvier 2005 dans un souci d'harmonisation européenne, répond à la demande des associations de victimes. On compte parmi les « personnes tuées » celles qui décèdent dans les trente jours qui suivent l'accident au lieu de six jours. On parle désormais de « blessés hospitalisés », c'est-à-dire séjournant plus de 24 heures à l'hôpital (au lieu de « blessés graves » et de « blessés légers »), et de « blessés non hospitalisés » qui reçoivent des soins médicaux, éventuellement à l'hôpital sans toutefois y être admis plus de 24 heures.

Sur cette nouvelle base de calcul à 30 jours, le bilan 2005 et des premiers mois de l'année 2006 s'établit ainsi :
  • Pour 2005
    5 318 personnes tuées (- 4,9 %)
    108 076 personnes blessées (- 3 %)
    85 390 accidents corporels comptabilisés ( 1 %)
  • Pour les cinq premiers mois de l'année 2006 (données provisoires)
    1 747 personnes tuées ( 11,1 %)
    39 381 blessés ( 5,6 %), dont 15 370 hospitalisés plus de 24 heures (+ 16,9 %)
    741 accidents corporels comptabilisés ( 9,1 %)



3. Un audit sur le terrain pour remédier aux inégalités des départements face à l'insécurité routière

Si l'évolution de l'accidentalité est globalement favorable en France depuis 2002, elle diffère selon les départements ; dans certains, une part des acquis des années 2002 à 2004 a été perdue en 2005. Il est essentiel d'en comprendre les raisons. C'est pourquoi un audit de la politique locale de sécurité routière est réalisé dans certains départements où l'évolution de l'insécurité routière est préoccupante.

Le 13 mars 2006, le ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire et le ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, ont demandé à l'Inspection générale de l'administration (IGA) et au Conseil général des ponts et chaussées (CGPC) de réaliser ensemble des audits de la politique locale de sécurité routière dans huit départements de métropole et un département d'outre-mer (Ain, Cher, Hérault, Haute-Vienne, Jura, Lot-et-Garonne, Marne, Tarn et Guadeloupe). Le Finistère, aux résultats très satisfaisants, constitue le "département témoin".


Les enseignements provisoires des premiers audits ont été présentés au Conseil interministériel de la sécurité routière du 6 juillet 2006. Les conclusions définitives seront assorties de propositions de mesures à mettre en œuvre à court terme dans les départements concernés et de principes généraux d'action pour améliorer la gestion de la sécurité routière dans l'ensemble des départements.


D'ores et déjà, le Comité interministériel de la sécurité routière a réaffirmé que tout doit être mis en œuvre pour conforter les résultats obtenus et réduire encore l'accidentalité. Les préfets, en relation avec les procureurs de la République, préciseront les priorités locales des plans de contrôle.
Une attention particulière sera portée au milieu urbain et aux deux roues motorisés.
Les audits des politiques locales de sécurité routière permettront de réagir rapidement, et de manière adaptée, dans chacun des départements où l'accidentalité est préoccupante. Les enseignements généraux tirés de ces audits seront partagés au niveau national.


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