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Communiqué de presse de la Sécurité Routière

Note technique sur le crash test, organisé par la Sécurité routière sur le site de l'UTAC

Paris, le 8 avril 2005

Le non-port de la ceinture de sécurité fait encore trop de morts et de blessés très graves sur les routes, par négligence ou inconscience.Dans le cadre d'une grande campagne de sensibilisation nationale lancée le 24 mars dernier sur le port de la ceinture de sécurité à l'arrière, la Sécurité routière organise une séance de crash test sur le site de l'UTAC (Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle) de Montlhéry. En présence d'experts, cette séance a pour objectif d'observer les forces et mécanismes en jeu au sein de l'habitacle lors d'un choc frontal sans ceinture de sécurité à l'arrière.


Eléments techniques préliminaires

La séance de crash test s'est organisée à travers deux tirs à 50km/h avec un maximum à 20g. (La caisse véhicule étant arrêtée sur 750mm en 70 millisecondes).
Quatre mannequins étaient installés dans le véhicule sur des sièges standard dans la configuration suivante :

  • A l'avant
    • en conducteur = un mannequin adulte (Hybrid III, 50ème centile, 80kg, 1m75)
    • en place passager = un mannequin adulte (Hybrid III, 5ème centile, 80kg, 1m55), tous deux ceinturés.

  • A l'arrière aux places latérales
    • un mannequin adulte (Hybrid III, 50ème centile, 80kg, 1m75)
    • un mannequin enfant de 10 ans (P6, 22kg), assis sur un rehausseur sans dossier.


Note bene :
Pour le premier tir, le mannequin enfant n'est pas ceinturé. Les autres passagers et le conducteur sont ceinturés.
Pour le second tir, l'adulte n'est pas ceinturé. Les autres passagers et le conducteur sont ceinturés.



1/ Conclusions du premier tir (mannequin enfant non ceinturé à l'arrière)

  • Le mannequin enfant et son rehausseur glissent sur la banquette arrière dés le début de la décélération du véhicule. A 120 millisecondes, le mannequin enfant a subi une très légère décélération : sa tête frappe le siège avant, alors que le véhicule est déjà arrêté. La vitesse d'impact de la tête sur le siège avant est alors autour de 48 km/h.
    Le mannequin enfant passe au-dessus du siège avant, de l'appui-tête et du mannequin adulte conducteur. En fin de parcours, sa tête se trouve au-delà du pare-brise. (Les vues enregistrées ne permettent pas de mesurer la vitesse à cet instant).

  • Le siège avant est déformé par la poussée du mannequin enfant. En effet, il y a un contact au niveau des jambes du mannequin dès 50 ms, puis le mannequin s'appuie totalement dessus. La décélération étant de 20g et la masse du mannequin de 22 kg, cela représente une masse équivalente à 440 kg appuyant sur le siège.

  • Le conducteur à l'avant du véhicule, voit, du fait de la déformation du siège, son espace de survie réduit. Dans cette configuration, le risque de blessures graves est certain.

  • Le mannequin adulte ceinturé à l'arrière est correctement retenu, il n'impacte pas le siège avant. Le mannequin adulte en position passager avant est également retenu, dans des conditions normales de sécurité.


2/ Conclusions du second tir (mannequin adulte non ceinturé à l'arrière)

  • Le passager arrière non ceinturé pousse le passager avant au travers de son siège, mettant de ce fait sa sécurité en péril. Il finit sa course au-dessus du siège, stoppé par la ceinture au niveau de l'articulation de l'épaule du mannequin.

  • Le mannequin enfant, correctement ceinturé a une bonne retenue, pas de contact avec le siège avant.

  • Le mannequin adulte en position conducteur a lui aussi une bonne retenue, dans des conditions normales de sécurité.


Organisée autour de deux tirs (mannequins attachés / non attachés), la séance de crash test permet de mettre en parallèle les deux cas possibles en situation de choc frontal pour un enfant et un adulte et de montrer que, sans ceinture de sécurité à l'arrière, le danger est bien réel.

Les passagers arrière non attachés mettent en effet leur vie et celle des autres en danger de mort :

  • Ils risquent l'éjection du véhicule par le pare-brise avant, le pare-brise arrière ou les ouvertures latérales.
  • Le siège avant, bien loin de les protéger se transforme en mur de béton sur lequel ils viennent s'écraser.
  • Enfin, le passager non ceinturé présente un danger pour le conducteur et le passager à l'avant du véhicule. Dans un choc frontal, à 70 km/h, un adulte de 60 kg se transforme en projectile de 1,8 tonne ! Sans ceinture, le corps du passager arrière risque d'être projeté contre celui du passager avant et de le tuer ou le blesser gravement.

Rendu obligatoire depuis 1990, le port de la ceinture à l'arrière est encore loin d'être adopté par l'ensemble des Français. Les chiffres restent préoccupants :

  • En 2003, si 100% des usagers de voiture de tourisme avaient mis leur ceinture de sécurité le nombre total de tués aurait pu être réduit de 10 % soit 572 personnes (745 en 2002).
  • D'après une enquête ASFA/La Prévention routière (octobre 2004) effectuée sur le réseau autoroutier, 68 % seulement des passagers sont attachés à l'arrière alors qu'ils sont 97 % à être attachés à l'avant. Ce faible pourcentage est constant depuis 3 ans (70 % en 2002). Ce chiffre baisse à 51 % lorsqu'il s'agit de s'attacher à la place arrière centrale.
Trop de conducteurs et de passagers sont inconscients du danger lié au non-port de la ceinture à l'arrière et ne respectent pas cette règle de conduite.


Des préjugés faux et dangereux

Négligence ? Inconscience ? Trop d'idées reçues, fausses et dangereuses persistent encore sur cette règle auprès du grand public. N'étant pas à proximité immédiate du pare-brise, les passagers pensent être davantage protégés à l'arrière qu'à l'avant en cas d'accident. Croyant que le siège avant les retiendra ou que leur poids les lestera, ils jugent, à tort, inutile de s'attacher à l'arrière. Ces idées reçues les confortent ainsi dans cette pratique qui en cas de choc même à petite vitesse peut être mortelle ou les laisser lourdement handicapés.


Les conducteurs responsables

Chaque année, les accidents de la route font encore de nombreuses victimes parmi les enfants et adolescents : sur autoroute, seulement 77 % des enfants de moins de 10 ans sont attachés et parmi ces 77 % la moitié d'entre eux ne le sont pas correctement.Depuis le décret 2005-277 du 25 mars 2005 le conducteur est responsable du port de la ceinture de sécurité ou d'un moyen de retenue adapté pour tous ses passagers mineurs.


Une campagne pour expliciter les risques

La séance de crash test organisée ce matin s'intègre dans la nouvelle campagne de communication visant à rappeler à tous que le port de la ceinture de sécurité à l'arrière est loin d'être un accessoire optionnel dont on peut se dispenser. Diffusé sur les principales chaînes hertziennes et du câble jusqu'au 14 avril 2005, le film publicitaire lancé le 25 mars dernier inaugure un nouveau mode de communication, participatif et impliquant le public. Il propose une interactivité nouvelle : il ne s'agit plus seulement de réaliser une lecture « pré expliquée » de l'infraction mais bien davantage de faire réfléchir le spectateur qui est aussi un conducteur, de l'inciter à identifier lui-même le risque et à rechercher la solution.

Du 4 au 24 avril, la campagne radio va à l'encontre d'un certain nombre d'idées reçues liées au port de la ceinture de sécurité à l'arrière. La campagne d'affichage illustre ces risques à travers des visuels jouant sur l'analogie.

Enfin, internet vient compléter la campagne médias à travers des bannières et une rubrique événementielle spécifique, reprenant des informations sur l'accidentologie, les risques et les conséquences traumatologiques liés au non-port de la ceinture à l'arrière.

La séance de crash test sera en ligne sur le site
de la Sécurité routière dès le lundi 11 avril
www.securiteroutiere.gouv.fr


www.securite-routiere.gouv.fr

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