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Aide aux victimes d'un accident de la route et à leurs familles

Victimes de Puisseguin - Interview de Me Philippe Courtois avocat de la FNVR

Le 23 octobre 2015, LeFigaro.fr

Suite à un nouveau drame près de Libourne en Gironde, avec la mort de 43 personnes et seulement 8 survivants dont au moins 4 blessés graves (brûlures et trauma crâniens) dans une collision entre un camion et un car, un des avocats de la FNVR revient sur le difficile parcours qui attends les rescapés et les familles des victimes.

INTERVIEW - Toutes les aides et les indemnisations doivent essayer de pallier le choc terrible d'un accident, explique Me Philippe Courtois, avocat de la Fédération nationale des victimes de la route (FNVR).

LE FIGARO. - Quel va être le parcours des survivants de ce drame ?

Me Philippe COURTOIS - Le début de leur parcours va être de survivre. Selon les informations dont nous disposons, il y aurait au moins deux personnes grièvement brûlées et deux personnes souffrant d'un grave traumatisme crânien.

Si elles survivent, elles devront tenter de garder le moins de séquelles possibles de cet accident, même si le chemin sera sans doute très long.

Vont-elles être indemnisées ?

Oui, c'est un droit. Elles étaient passagères de ce bus, elles n'ont commis aucune faute. Les assurances du bus ou du camion vont devoir prendre en charge leurs frais médicaux.

Mais au-delà de cela, elles doivent également avoir le droit à une indemnité. Si une somme d'argent ne remplace pas, par exemple, un bras perdu, elle permet au moins de retrouver une certaine dignité.

Ensuite, le but sera de replacer la victime dans sa vie d'avant l'accident. C'est bien souvent impossible d'y arriver totalement, mais c'est l'objectif à atteindre.

Combien de temps peut durer l'accompagnement pour arriver à ce but ?

Il peut malheureusement durer toute une vie. Dans les semaines qui suivent l'accident, lorsqu'elles sont dans le milieu médical, les victimes sont bien encadrées.

Les difficultés commencent lorsque leur état se stabilise et qu'elles rentrent chez elles, un ou deux jours par semaine.

Comment retrouver une vie normale dans un appartement qui n'a pas été adapté à la nouvelle situation de la personne, où le lit médicalisé se trouve au milieu du salon, où il n'y a pas de douche adaptée ?

Il faut parfois totalement réaménager le domicile. Des associations comme la nôtre sont là pour les épauler face aux assurances, qui essayent de débourser le moins d'argent possible sur ces dépenses. Nous sommes là pour enlever tous les côtés juridiques et administratifs des démarches qu'elles doivent entreprendre.

La famille joue-t-elle un rôle important ?

Après la reconstruction physique, vient la phase psychologique. Outre l'accompagnement financier et matériel, il faut un accompagnement humain et moral.

Une fois que l'état de la victime est stabilisé et qu'elle retourne chez elle, elle ne doit pas être livrée à elle-même. Le rôle de la famille est donc essentiel. Cependant, elle ne doit pas devenir un palliatif. Il ne faut pas oublier que si l'accident est une souffrance pour la victime, elle l'est également pour les familles. Lorsque quelqu'un est très malade, même si cela est difficile, on peut se préparer à le voir disparaître.

Un accident, cela vous tombe dessus et vous ne pouvez rien y faire. Vous dites au revoir à la personne le matin, et vous ne la revoyez plus jamais, ou alors gravement touchée. C'est un choc terrible.

Source : LeFigaro.fr - Gironde : « Replacer la victime dans sa vie d'avant l'accident »

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